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Landry demeure inflexible sur l'orientation du PQ

La Presse - Le mercredi 26 juin 2002

Les remises en question idéologiques de quelques ministres et la démission d'un collaborateur n'ébranlent pas le premier ministre Bernard Landry, qui veut réfléchir cet été et revenir à l'automne avec un programme d'action jusqu'aux prochaines élections.

Commentant les turbulences provoquées par la sortie fracassante du ministre Joseph Facal, la semaine dernière, et la démission mardi d'un de ses jeunes collaborateurs, M. Landry a relativisé la controverse. «On en a eu des départs et des venues au Parti québécois», a-t-il rappelé, mercredi, à Québec.

Le premier ministre a reconnu que les principes fondamentaux du Parti québécois (PQ) — il a nommé la souveraineté et le progressisme, ainsi que la création de la richesse et sa redistribution — pouvaient donner lieu à des vues tout à fait opposées à l'intérieur du parti, mais que cela ne posait pas de problème.

«On peut avoir des vues tout à fait opposées, et quand vient le temps de faire la plate-forme électorale et le programme, on a des processus démocratiques éprouvés et ça donne d'excellents gouvernements», a-t-il soutenu. Cela dit, «M. Facal a parlé avec éclat et en bon militant, il n'a jamais cru bon de démissionner», a-t-il lancé.

Joseph Facal, président du Conseil du trésor, avait plaidé pour un réexamen du «modèle québécois, corporatiste et rigide» et réprouvé la tendance péquiste à trop écouter les revendications des groupes sociaux, au détriment des besoins de la classe moyenne québécoise.

Le jeune collaborateur démissionnaire, Mathieu Santerre, 27 ans, avait quant à lui expliqué son geste par «la rigidité idéologique stérile et paralysante qui est imposée aux éléments les plus dynamiques et créateurs du PQ».

Le premier ministre a par ailleurs l'intention de prendre l'été pour se reposer après un printemps difficile pour son gouvernement et son parti. «Mais je veux en profiter aussi pour pousser la réflexion et présenter, à la rentrée, un programme d'actions gouvernementales jusqu'à l'élection», a-t-il annoncé.

M. Landry avait déjà fait part de cette intention. Il a prédit que ce «programme de gouvernance» permettrait au PQ, «comme c'est sa tradition, de renouveler et rafraîchir sa pensée sans se détourner des grands principes.»

Il a déclaré que cette démarche de renouvellement serait aussi débattue lors de deux conseils nationaux du PQ et d'un grand colloque sur la globalisation des marchés, à l'automne, et lors d'«une grande rencontre de programme et d'idées» au début de 2003.

Cette dernière rencontre aura l'envergure d'un congrès national du PQ, a-t-il précisé. Le dernier congrès national péquiste avait rassemblé, en mai 2000, quelque 1800 militants.