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De l'audace SVP!

Guy Héroux Cap-de-la-Madeleine
Le Nouvelliste - Le mercredi 05 juin 2002



Lettres - Le premier ministre Landry a une méchante côte à remonter s'il veut que son parti remporte les prochaines élections générales.

Héritier du lourd passé de ses prédécesseurs, M. Landry, s'il fut un bon lieutenant, n'a pas le panache des Parizeau et des Bouchard, il faut bien l'avouer.

Sa grande culture, tout autant que ses réparties joliment tournées, qui servent de réponses aux interrogations pressantes que se posent les Québécois, agacent franchement.

Si Lucien Bouchard a dû procéder à des réformes impopulaires mais nécessaires jusqu'à l'écoeurement, à la place d'un Parizeau flairant habilement, comme d'habitude, le danger d'une telle entreprise, c'est Bernard Landry maintenant qui en assume tout le poids.

Il y a deux écueils qui guettent le PQ. Premièrement, que les indépendantistes purs et durs, les péquistes les plus militants, n'aillent pas voter le jour des élections, comme les socialistes en France dernièrement. Deuxièmement, l'inconnu, le phénomène Mario Dumont.

Regardons les choses en face. Ni Bernard Landry qui n'inspire pas assez confiance, ni Jean Charest qui ne fait qu'attendre le train, ne suscitent l'enthousiasme. Aux dernières élections, l'ADQ, en enlevant des votes aux libéraux, a laissé passer des candidats péquistes dans plusieurs comtés. Cette fois-ci, le contraire pourrait bien se produire, mais en faveur des libéraux. Que Mario Dumont puisse détenir la balance du pouvoir à l'Assemblée nationale est inconcevable.

Lors du prochain débat des chefs, les deux grands partis devront sérieusement éplucher le programme politique de l'ADQ et mettre en boîte le "petit Mario". La dernière fois, il a pris le plancher. Cependant, il ne faut pas qu'on s'acharne sur lui, en faire une victime serait la pire des stratégies, il en gagnerait en sympathie. Tuer son programme suffira.

D'ici là, si M. Landry gouverne, il lui reste à prouver qu'il est capable de le faire. Un ras-le-bol s'est emparé des Québécois. M. Charest aussi doit montrer une stature de chef. Peu s'en faut que les Québécois réclament des élections prochainement. Belle occasion pour M. Landry de sauter dans l'arène, si l'audace ne lui manquait pas, il faut avoir l'instinct de la bête pour cela.

Vivement, M. Landry, prouvez aux Québécois qu'ils peuvent vous faire confiance.