«« PLQ «RÉINVENTER LE QUÉBEC»

Je vous convie à réinventer le Québec!

Allocution de monsieur Jean Charest, chef du Parti libéral du Québec, lors de la clôture du congrès-jeunes de la Commission Jeunesse du Parti libéral du Québec, le 11 août 2002, à Trois-Rivières (UQTR).

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Je vous convie à réinventer le Québec!

Parce que vous adhérez aux valeurs libérales, vous grandissez en sachant que ce monde est le vôtre; en sachant que vous pouvez y réussir, y prospérer et le façonner à votre manière.

Ce sont les valeurs libérales, d’égalité, de justice sociale et de liberté individuelle qui ont permis au Québec d’émerger et de se tailler une place enviable parmi les sociétés les plus modernes du monde.

Parce que vous êtes membres du Parti libéral du Québec, vous avez la fibre des bâtisseurs de société comme Robert Bourassa, Daniel Johnson, Claude Ryan ou Jean Lesage. C’est la fibre des auteurs de l’histoire. Vous vous inspirez de ceux qui ont signé notre passé pour écrire notre futur.

Et si le Parti libéral du Québec a toujours su faire le pont entre hier et demain, s’il a toujours su incarner le présent, c’est parce qu’il a été poussé et inspiré par les jeunes.

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Quand vous dites que la génération de vos parents, les baby boomers, a presque tout eu, vous n’avez pas tort! Mais maintenant, j’ai une question pour vous : Pourquoi vos parents ont tant reçu? C’est parce qu’ils ont accompli beaucoup. Et s’ils ont accompli beaucoup, c’est parce qu’il y avait tant de grandes choses à faire. Ils ont nationalisé l’électricité, créé le système de santé, l’école publique. Ils ont bâti des routes, constitué un État. Ils ont mis au monde le Québec moderne.

Les temps ont changé depuis. Il faut aujourd’hui que ce Québec moderne se mette au service de son monde, au service de ses citoyens.

Il faut prendre ce virage. Plus on élargit les frontières, plus on s’ouvre au monde, plus il faut donner aux personnes les outils et les services qui leur permettront de prendre la place qui leur revient dans une société mondialisée.

Le 20e siècle a été celui de l’essor des sociétés et des gouvernements. Le 21e sera celui de l’épanouissement des personnes. Le gouvernement de demain ne sera pas au service de lui-même. Sa réussite se mesurera à celle de ses entrepreneurs, de ses artistes, de ses professeurs… de chacun de ses citoyens.

Ça veut dire qu’il nous faut revoir les choses en profondeur et repartir sur des bases nouvelles. Les enjeux d’aujourd’hui sont aussi importants qu’il y a 40 ans. Les défis, aussi emballants. Votre tour est venu.

Il faut réinventer le Québec. Vous n’avez rien à envier à ceux et celles qui ont inventé l’État du Québec, il y a 40 ans! Vous êtes aussi bons que les Michel Bélanger, Roch Bolduc ou Raymond Garneau. Vous êtes aussi bons que ces jeunes d’hier qui ont tant stimulé les leaders de l’époque.

En 1961, les jeunes libéraux d’alors ont poussé le gouvernement de Jean Lesage à nationaliser l’électricité. Ce sont des Jeunes libéraux qui ont enclenché la Révolution tranquille. On va le refaire ensemble. Nous allons le réinventer le Québec.

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Parce que l’enjeu de la prochaine élection, c’est pas uniquement le changement. Le changement, on a les deux mains dedans. On est dedans jusqu’au cou. En effet, nous y sommes déjà, dans le changement et nous apprenons chaque jour à le gérer. Regardez simplement tout ce que vous avez vu arriver depuis que vous êtes nés. Il y a 25 ans, il n’y avait pas de guichet automatique, pas d’ordinateur personnel, pas de courrier électronique, pas de hip-hop, pas de rave.

C’était la guerre froide. Nos concurrents économiques étaient nos voisins. Les marchés étaient protégés. On pensait encore que les défis auxquels faisait face le Québec pouvaient se relever par un oui ou par un non.

Le changement est là et il s’accélère. Mais c’est pas l’enjeu. L’enjeu, c’est la gestion du changement. L’enjeu, c’est d’être capables de prendre le taureau du changement par les cornes et de l’amener là où on veut aller. L’enjeu, c’est d’enraciner le Québec que nous voulons dans le sol de nos convictions, de nos valeurs et de notre différence. Car s’ouvrir au monde, ça ne veut pas dire « faire comme tout le monde ».

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Qui peut faire ça? Qui peut amener le Québec plus loin? Qui peut faire du Québec une société d’avant-garde du 21e siècle? Il y a Mario Dumont. Lui, c’est la facilité. C’est d’aller dans le sens du courant qui pousse vers l’élargissement du fossé entre les bien nantis et les autres. Une médecine pour les riches, une médecine pour les autres; des écoles pour les riches, des écoles pour les autres. Pour lui, tout est tellement simple. Effectivement, c’est facile d’abandonner nos valeurs et nos idéaux. Mais ça, c’est le contraire de prendre le taureau par les cornes.

Et il y a Bernard Landry. Lui, sa vision d’avenir, c’est la même depuis 30 ans. Sa position consiste à s’accrocher à une fixation qu’il n’ose même plus nommer.

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On a un défi. On a plus que ça. On a une responsabilité face à tous nos concitoyens. C’est la responsabilité du Parti libéral du Québec de redéfinir le Québec du siècle nouveau. Parce qu’il n’y a pas un autre parti qui a la capacité de le faire. Il n’y a pas un autre parti qui ait autant contribué à bâtir le Québec que le Parti libéral du Québec. Pour savoir où on va, il faut savoir d’où on vient.

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Ces temps-ci, il y en a qui disent que c’est un vieux parti. Pourtant, il a fallu, un jour, des gens épris de justice pour donner le droit de vote aux femmes, pour créer une charte des droits et libertés. Il a fallu des visionnaires pour nationaliser l’électricité et mettre sur pied l’assurance-maladie. C’étaient des libéraux. Cette société porte notre signature.

Mais ça fait pas de nous un vieux parti. Ça fait du Parti libéral du Québec un parti riche d’expérience, fort et fier de notre passé. Il y a beaucoup de partis politiques qui n’ont fait que passer au cours de notre histoire. Le Parti libéral du Québec n’est pas de ceux-là. C’est un parti qui a soif d’avenir depuis ses origines. Parce que c’est celui qui a toujours su le mieux accueillir les jeunes. Le Parti libéral du Québec était là longtemps avant l’ADQ, longtemps avant le PQ.

Et nous serons là longtemps après!

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En tant que jeunes militants libéraux, vous êtes dépositaires de la mémoire de ce qui s’est fait. Vous êtes les héritiers de la tradition libérale et de ses valeurs. Et c’est de cette mémoire que vous puisez la conscience de ce qu’il faut faire. Vos travaux sur le renouvellement du système d’éducation en témoignent.

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Il y a 40 ans, des jeunes du Québec ont fait bouger leurs leaders et un État nouveau est né. Cet État nous a permis de faire collectivement un bond extraordinaire. Mais aujourd’hui, l’État du Québec doit être réinventé parce que le monde dans lequel nous vivons n’a rien à voir avec celui dans lequel l’État les années 60 est né. L’État qui jadis nous a fait bondir en avant est en train de nous ralentir. Il nous faut revoir et réécrire sa mission.

L’État tentaculaire et obèse qui se substitue à l’entreprise, aux banques, à l’initiative individuelle, c’est terminé. L’État qui contrôle tout, qui taxe tout et qui s’infiltre partout, c’est fini. L’État qui se perd dans une montagne de paperasse, de programmes, qui est incapable d’offrir des services de qualité, c’est du passé. Ça appartenait à l’autre siècle.

· Aujourd’hui, presque 75 % des nouveaux emplois nécessitent au moins un secondaire 5.
· D’ici 10 ans, 45 % des employés de l’État seront à la retraite.
· Dans le réseau de la santé, 72 % des cadres qui étaient en poste en 1999 auront quitté en 2009.
· D’ici 10 ans, il y aura une zone de libre-échange qui va rassembler les Amériques dans un seul marché, de la Terre de Baffin à la Terre de Feu.
· Dans 25 ans, le quart de la population du Québec aura plus de 65 ans.

Dans 10 ans, quand vous serez aux commandes, le « chômage à 9 % » sera un archaïsme, aussi lointain que « la machine à vapeur »… ou « Bernard Landry ».

L’Occident sera en pénurie de main-d’œuvre dans tous les secteurs.

Les sociétés qui tiendront le haut du pavé sauront innover dans la manière de rendre les services aux citoyens, dans la manière d’enseigner et de former, dans la manière de soigner. Ce seront des sociétés technologiquement avancées, animées par un gouvernement souple et performant.

C’est dans cette nouvelle direction que je veux m’engager avec vous.

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On va réinventer le Québec. Il y a urgence de réinventer l’État du Québec, de le mettre au service de ses citoyens. Ce que j’ai en tête, c’est un gouvernement branché, accessible par connexion Internet haute vitesse partout au Québec. Un gouvernement qui est là quand on a besoin de lui… et qui, le reste du temps, se mêle de ses affaires. Un gouvernement centré sur sa mission qui tient en quatre mots : santé, savoir, prospérité, sécurité. C’est là qu’on s’en va.

On va réinventer la santé en mettant les personnes, c’est-à-dire les patients, les médecins et les infirmières, au centre du système.

Un Québec libéral, c’est un Québec équitable. Et dans le Québec que je dirigerai, les citoyens auront accès à des soins et services dans des délais raisonnables. Les services seront donnés par ceux qui pourront les donner le plus rapidement. C’est tout. C’est la responsabilité de l’État.

On va réinventer l’éducation en mettant les élèves, les professeurs et les parents au cœur de l’école. On va améliorer la réussite éducative par une augmentation des heures d’enseignement, par un assouplissement du réseau. On va faire place à l’initiative locale en éducation. On va faire confiance aux professeurs et revaloriser leur importante mission.

On va réinventer le développement régional, en mettant les citoyens des régions au centre de nos préoccupations. On va arrêter de dire aux régions quoi faire et on va leur donner les moyens de développer leur coin de pays. On va donner aux régions un véritable pouvoir de décision!

On va réinventer la fiscalité. On va arrêter de donner des subventions aux compagnies qui n’en ont pas besoin. On va arrêter de créer des programmes de la main droite pour réparer les dégâts que fait la main gauche en taxant trop et mal.

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On va réinventer le Québec. Je veux que la réussite des Québécois soit une fierté pour nous et une inspiration pour nos voisins et partenaires. C’est ça, mon but.

J’ai besoin de vous pour ça. J’ai besoin de vos idées. J’ai besoin de votre dynamisme et de votre savoir-faire.

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Les Québécois nous ont demandé de dire ce qu’on voulait faire. Je les ai entendus. Je les ai écoutés aussi. Au cours des quatre dernières années, j’ai parcouru les régions du Québec sans relâche. J’ai rencontré des milliers de personnes : des étudiants, des travailleurs, des chefs d’entreprises, des leaders syndicaux, des médecins, des enseignants. J’ai rencontré les femmes et les hommes qui font le Québec.

Je suis allé voir ce qui se faisait ailleurs, ailleurs au Canada, dans quelques États américains et dans des pays d’Europe. J’ai pu alors constater combien on nous enviait nos réalisations, notre potentiel et notre façon de regarder l’avenir.

Parallèlement, les différentes sous-commissions et groupes de travail du Parti étudiaient les forces et les faiblesses du Québec sous toutes ses facettes, pour le réinventer. On a comparé. On a mesuré. On a tout remis en question. On a fait notre travail. Les 51 députés du Parti s’y sont mis avec une très grande conviction, avec un enthousiasme qui me rend fier d’être leur chef. C’est une forte équipe que nous avons et nous continuons à la bâtir. Le Parti libéral du Québec est une équipe d’expérience et de rigueur. C’est rare par les temps politiques qui courent.

C’est le résultat de ces travaux, auxquels plusieurs d’entre vous ont participé, qu’on va présenter aux Québécois dans les prochaines semaines.