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«« géopolitique
Lettre publiée dans Le Devoir
En abordant la question sous l'angle de l'État, Gilles Gagné touche à l'essentiel, car c'est bien d'État qu'il s'agit dans ce débat politique (Le Devoir, 21 et 22 août 1999). En effet, l'État est à la fois un territoire, une histoire, un savoir, un pouvoir et un vouloir et le Québec est tout cela à la fois. Donc, le Québec est un Etat naturel, déjà vanté par Stéphane Dion devant la London School of Economics l'an dernier, sauf qu'il a omis d'associer l'Etat naturel avec le Québec. S'il avait réellement étudié la philosophie politique de Johann Gottfried en serait venu à la conclusion que le Québec se rapproche davantage de cette définition contextuelle que l'Etat central, centraliste et unitaire d'Ottawa, fondé par les orangistes sur le modèle de l'Union Act de 1801, qui fossilisait l'Irlande, l'Ecosse et le Pays de Galles, lesquels ont survécu malgré tout.
Si l'Etat naturel du Québec a résisté aux tentatives de fossilisation analogues à celles qui ont été imposées en Grande-Bretagne, cette fois par l'Union Act de 1841, le British North America Act de 1867 et le Canada Act de 1982, son statut pleinement reconnu le rendra compétent pour résister aux tentatives de fossilisation de tous les États-nations du monde par les forces financières qui imposent leur loi, ou tentent de l'imposer sur toute la planète.
Quant au modèle canadien, c'est en grande partie à cause de la position de force paradoxale du Québec qu'il a été créé et s'est imposé. Comme le Canada est en réalité un continent qui se prête au développement de plusieurs Etats naturels, alors le temps approche de créer un autre modèle, celui d'une authentique Confédération, ou Union d'États souverains, non de provinces inféodées à un Etat impérial, centraliste et unitaire. Devant la communauté internationale, nous ferons preuve d'une maturité encore plus grande que beaucoup d'Etats plus anciens que nous. Félicitations à Gilles Gagné pour son excellent article.
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