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«« ADQ - virage fédéraliste
Dumont : « Je n'ai pas de convictions fédéralistes »
Stéphane Paquet
Le Soleil Le mercredi 2 octobre 2002
Même si le chef de l'ADQ entend faire du Québec « un partenaire présent » sur la scène canadienne, Mario Dumont affirme candidement qu'il n'a pas « de convictions fédéralistes. »
La confession est venue alors qu'un journaliste du SOLEIL lui demandait en entrevue éditoriale si le Toronto Star avait raison de douter de ses convictions fédéralistes. La réplique a été rapide : « Je n'ai pas de convictions fédéralistes », s'est-il empressé de préciser.
« Ce que je défends, c'est que le Québec, placé dans une situation où il n'y a pas de débouché immédiat (en matière constitutionnelle), place ses énergies et celles de l'ensemble de la population sur le renforcement économique. »
Et si ce « débouché » devait venir, ce n'est pas parce qu'il y aura travaillé. « Ce n'est pas notre priorité », répète-t-il à plusieurs reprises au cours de l'entrevue de plus de 90 minutes. « Si les Québécois, pour X raisons, changent d'avis... C'est pas nous qui allons les avoir amenés là. »
Il sent une « volonté très nette de tourner la page » dans la population. « C'est ben beau de se gratter le bobo, de dire que ça a fini 50-50 au dernier référendum et se gratter le bobo jusqu'à temps que ça saigne, mais à un point, il faut dire qu'on va davantage travailler à unir les forces. »
Ses forces, celles à l'intérieur de son parti, viennent du côté tant fédéraliste que souverainiste, dit-il, avec cette déclaration qui peut surprendre après le passage à l'ADQ de Marcel Dutil, un ardent fédéraliste. L'Action démocratique, « c'est les plus nationalistes des fédéralistes. C'est des gens qui sont autonomistes pour le Québec. Les autres, ce sont des souverainistes qui constatent bien que ce n'est pas ça, l'agenda de la prochaine décennie. Donc, ils veulent travailler ensemble. Ils veulent renforcer le Québec ».
En fin de semaine, le chef libéral Jean Charest lui a reproché à répétition d'avoir négligé les intérêts du Québec devant le Canadian Club de Toronto, parce qu'il n'a pas fait état des revendications du Québec. Mario Dumont soutient que c'était une omission « absolument délibérée ». « Le Canadian Club, ce sont des gens d'affaires », dit-il. Le déséquilibre fiscal et la Constitution, il en parle avec les politiciens.
Et puis, cette flèche au leader libéral, qui a hésité avant d'accorder son appui au Rapport Séguin sur le déséquilibre fiscal. « Le déséquilibre fiscal, nous, le lendemain du dépôt du rapport, on était prêts à en débattre. »
Mario Dumont promet que le Québec sera représenté à « chaque conférence fédérale-provinciale » si son parti prend le pouvoir. « Il faut faire la politique du réel. » « La politique de l'autruche, le PQ l'a faite : essayer de faire semblant de jouer à un État souverain alors que la population a dit non... c'est le pire des deux mondes. Ça a mené à l'affaiblissement du Québec.
« On fait partie de cette ligue-là, ben on joue dedans », précise-t-il avec une métaphore sportive.
Même s'il ne souhaite pas rouvrir le dossier constitutionnel, il espère bien que le gouvernement fédéral se montrera plus généreux envers les provinces. « S'il y a de la décentralisation qui est possible, on va toujours sauter dessus. » Mais, cette précision : « On ne va jamais aller dans le sens d'accepter ou de proposer des mesures qui nous rapprochent d'une égalité des provinces. »
Lors du référendum de 1995, Mario Dumont disait que « voter non (à la souveraineté avec partenariat), c'est avoir peur d'avoir peur ». « J'ai dit ça, moi ? » demande-t-il. « Ce qui a changé le 30 octobre, c'est que les gens se sont prononcés. »
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