|
«« PQ - GRC
Landry voudrait qu'on se scandalise de certains agissements de Trudeau
NORMAN DELISLE
LONDRES (PC 22.10.2002) - Le Canada anglais devrait se montrer davantage scandalisé que Pierre Elliott Trudeau ait fait espionner le Parti québécois dans les années 1970, croit Bernard Landry.
"J'ai toujours été surpris que l'opinion publique du Canada ne se scandalise pas davantage" de cela, a réagi le premier ministre Landry, en rappelant certains gestes posés par la GRC au cours des années 1970.
M. Landry commentait la parution du livre de l'historien Steve Hewitt, "The RCMP's secret activities", écrit après que l'auteur eut obtenu des documents datant des années 1970 grâce à la Loi d'accès à l'information.
Le document historique établit que l'ancien premier ministre libéral Pierre Elliott Trudeau a demandé expressément à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) d'espionner le Parti québécois après sa victoire de 1976, en dépit du fait que le PQ utilisait des moyens légaux et pronait des stratégies démocratiques pour arriver à ses fins.
M. Trudeau aurait voulu que la GRC s'implique davantage pour espionner le PQ tandis que ce corps policier opposait de la résistance aux pressions du premier ministre, raconte M. Hewitt dans son livre.
M. Landry a rappelé notamment que la GRC avait volé la liste des membres du Parti québécois, au cours d'une effraction de nuit, en 1973, dans les bureaux où le document était entreposé.
Un président américain, Richard Nixon, a dû démissionner après que ses agents aient voulu consulter secrètement la liste des contributeurs du parti politique adverse, a rappelé le premier ministre.
"Au Canada, on vole la liste des membres d'un parti politique légal et personne au gouvernement fédéral ne semble perturbé. Pourtant, M. Trudeau a terminé sa carrière dans la gloire", a soutenu M. Landry.
"Je dis amicalement que nos compatriotes du Canada anglais doivent faire très attention, car les erreurs démocratiques doivent être sanctionnées, sous peine de les voir réapparaître."
M. Landry a aussi cité le cas des 500 arrestations effectuées par la police en octobre 1970 après que le gouvernement fédéral ait promulgué la Loi des mesures de guerre. Aucune accusation n'a été portée contre les personnes arrêtées.
|