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«« Conseil de la souveraineté des fonds publics pour faire la promotion de l'option?
La proposition Parizeau Si je pouvais rejoindre M. Parizeau, je l’inviterais instamment à lancer un Mouvement pour une presse libre, pour canaliser les énergies latentes de 41% des électeurs québécois.
Claude Boulay
TRIBUNE LIBRE 21 novembre 2002
Au sujet de la proposition de M. Parizeau, d’investir des fonds publics dans des organismes voués à la promotion de la souveraineté ou du fédéralisme, M. André Pratte écrit ceci dans La Presse : « Il est vrai qu’Ottawa ne s’est jamais gêné pour investir l’argent public dans la défense de l’unité canadienne. Mais un tort n’en justifie pas un autre ».
Si ce raisonnement était valable, la légitime défense n’existerait pas. Et il s’agit bien de légitime défense. Dans le débat sur l’avenir du Québec, les fédéralistes faussent le jeu de la démocratie en mettant toutes les ressources directes et indirectes du gouvernement fédéral au service de leur objectif : maintenir le Québec sous la férule du Canada anglais. (Il faut parler de ressources directes et indirectes, car Propagande Canada ne se contente pas d’agir par l’intermédiaire des ministères fédéraux, ou des organismes fédéraux tels que Radio-Canada et le CRTC. Il utilise aussi les médias contrôlés par des amis du régime tels que Power Corporation/Gesca.)
Il n’y aurait donc rien d’immoral à ce que le gouvernement du Québec dépense des fonds publics en réaction aux manœuvres de l’establishment fédéral. Cela ne veut pas dire, pour autant, que j’appuie la proposition de M. Parizeau. Ce qu’il propose ne serait pas immoral, mais serait inefficace. Il serait trop facile d’attaquer le gouvernement, qui manque d’argent, pour améliorer le régime de santé par exemple, s’il dépensait des fonds publics pour faire la promotion de la souveraineté.
Par contre, les ministres et députés ont accès à de nombreuses plates-formes pour s’adresser à la population. S’ils croient que ce que fait Ottawa est immoral, ils se doivent de profiter de chaque occasion pour le proclamer.
Cela étant dit, il me semble que la riposte la plus efficace serait celle qui viendrait des souverainistes. Pour une fois, je me trouve d’accord avec M. Pratte sur un sujet. S’il y a 41% des électeurs qui sont favorables à la souveraineté, il devrait être possible de recueillir des fonds pour donner la réplique à Propagande Canada.
Pourquoi M. Parizeau ne prendrait-il pas la tête d’un « Mouvement pour une presse libre »? Il connaît l’existence du problème puisqu’il avait dénoncé le parti pris des médias alors qu’il était premier ministre. Bien sûr il s’était fait ramasser par ces mêmes médias, mais aujourd’hui il ne devrait plus avoir rien à craindre. Imaginez ce qui pourrait être accompli par un tel mouvement! Les souverainistes contribueraient selon leurs moyens pour la diffusion de la contre-propagande. De plus, il y aurait des milliers d’observateurs et recherchistes bénévoles qui seraient très heureux d’agir comme antennes pour le mouvement.
Si je pouvais rejoindre M. Parizeau, je l’inviterais instamment à lancer un Mouvement pour une presse libre, pour canaliser les énergies latentes de 41% des électeurs québécois. Ce serait une forme de justice poétique, de combattre Propagande Canada simplement en dénonçant ses manœuvres. Et M. Pratte ne pourrait pas se plaindre, puisque M. Parizeau ne ferait que se rendre à ses arguments.
Claude Boulay
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