«« Conseil de la souveraineté
des fonds publics pour faire la promotion de l'option?


Le Conseil de la souveraineté mènera une campagne tous azimuts

Tommy Chouinard

LE DEVOIR samedi 14 et dimanche 15 décembre 2002


Québec - Il sera vraisemblablement impossible de passer à côté de la vaste promotion de l'indépendance que mènera le nouveau Conseil de la souveraineté. Lancement de campagnes promotionnelles sur la souveraineté, commande de rapports et de recherches sur la valeur de cette option, organisation de spectacles et de colloques: voilà le mandat du conseil, selon un document dont Le Devoir a obtenu copie.

Ce conseil de la souveraineté, ressuscité le mois dernier par Bernard Landry au conseil national du Parti québécois, semble bel et bien être sur les rails. Un comité provisoire s'affaire actuellement à définir les statuts et règlements du nouvel organisme avant qu'un conseil d'administration ne soit officiellement nommé, en janvier. L'ancien ministre Jacques Léonard, Isabelle Beaulieu, de Génération Québec, Gilles Grondin, du Mouvement national des Québécois, Pierre-Paul Sénéchal, de la Société nationale des Québécois (SNQ), et le président du Parti québécois de la région de la Capitale-Nationale, Gilles Grenier, siègent à titre individuel à ce comité provisoire.

Le mandat du conseil a déjà été en bonne partie défini par ce comité, selon ce qu'a appris Le Devoir. Non seulement il fera la promotion de la souveraineté, il mènera aussi des «campagnes promotionnelles» sur le terrain en sa faveur et tiendra des colloques et des forums pour «informer la population de la valeur de la souveraineté du Québec». Le conseil commandera et diffusera également des recherches sur «divers aspects économiques, sociaux, politiques ou culturels de la réalité québécoise». Enfin, il organisera des activités «de nature culturelle et éducative» afin de promouvoir l'indépendance.

Le Conseil de la souveraineté est pour le moment hébergé par la SNQ, à Québec. Déjà, un porte-parole a été nommé pour répondre aux questions des journalistes : Gilles Grenier. Le document dont Le Devoir a obtenu copie décrit le lancement du site Internet du Conseil de la souveraineté, sa première initiative officielle, comme une «envolée spectaculaire». Plus de 1200 messages ont été expédiés au cours de la première semaine. «Le forum bourdonne de débats», écrit-on.

Divers groupes ont par ailleurs manifesté leur intérêt à adhérer au conseil à titre de membres associatifs : le PQ (qui a versé 250 000 $ au conseil), le Bloc québécois, IPSO, Génération Québec, le Mouvement national des Québécois et la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Ils devront toutefois faire entériner cet engagement par leurs membres.

Des personnalités publiques auraient déjà exprimé leur appui au conseil, selon le document : Denis Trudel (membre des Zapartistes et comédien dans Bunker, le cirque), les auteurs-compositeurs-interprètes Daniel Boucher et Paul Piché, l'auteure Hélène Pedneault de même que les avocats Vicky Trépanier (représentante des jeunes des régions au Sommet de la jeunesse) et Giuseppe Sciortino (ancien candidat à l'investiture péquiste dans Mercier).

Le comité provisoire se charge pour le moment de recevoir l'argent des donateurs, qui bénéficieront d'exemptions fiscales, s'il faut en croire l'engagement du premier ministre Bernard Landry lors du dernier conseil national du PQ à Québec. C'est en effet à ce moment que le premier ministre avait décidé de ressusciter le Conseil de la souveraineté afin de consacrer davantage de ressources à la promotion de l'indépendance du Québec.