«« Parti Québécois

Réinventer le rêve

Gilbert Lavoie
Le Soleil Le mercredi 4 septembre 2002


Éditorial - À quelques jours du Conseil national du Parti québécois, à Gatineau, la vice-présidente du parti, Marie Malavoy, demande aux péquistes de retrouver leurs émotions d'il y a 25 ans, alors que le PQ, « c'étaient des gens qui rêvaient pour le Québec ». Les communications du gouvernement Landry sont « un peu trop intellectuelles », a-t-elle déclaré au SOLEIL. « Il faut que les gens ressentent, pas juste qu'ils comprennent. »

Mme Malavoy n'a pas tort, mais il est difficile d'entretenir un rêve collectif quand on en parle depuis 40 ans sans pouvoir l'appuyer sur un échéancier crédible.

Une fois de plus, les militants au Conseil national feront adopter des résolutions demandant « un plan d'action » en vue de la tenue d'un référendum sur la souveraineté. Ceux de Louis-Hébert, le comté du ministre Paul Bégin, demanderont que le parti s'engage à tenir un référendum dans les deux ans suivant sa réélection. Ceux de Montréal-Centre réclameront que l'aile parlementaire assume son leadership et fasse la promotion de la souveraineté. Ceux de Saint-Jean demanderont que le parti s'associe davantage aux mouvements souverainistes lors des rassemblements et des colloques. Les résolutions seront débattues, amendées, sous-amendées, et adoptées. Mais on avait voté la même chose au Conseil national de mars 2001 à Saint-Hyacinthe. Et la même chose à celui de juin de la même année.

Ces résolutions ne sont plus l'expression d'un grand rêve, mais plutôt des manifestations de frustration et d'impatience de nombreux militants, qui ne comprennent pas l'incapacité de leur gouvernement à mobiliser le Québec derrière un nouvel objectif référendaire.

L'adoption à répétition de ces résolutions finit par en banaliser l'importance, un peu comme si on se faisait une promesse collective, sans y croire véritablement.

L'ADQ mène dans les sondages sans même s'expliquer sur la souveraineté. Jean Charest promet une nouvelle révolution tranquille sans se mouiller sur la question nationale. Si le PQ veut reprendre le flambeau de l'émotion et du rêve, il doit se donner un plan d'action plus précis. C'est plus facile à dire qu'à faire, mais si c'est impossible, autant nous le faire savoir.