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«« les 1000 jours - LES OBJECTIFS du PQ
«« 3e référendum...
Des élections d'ici 300 jours
Pascale Breton
La Presse Le dimanche 8 septembre 2002
«Ce Québec meilleur est à portée de main. Je me donne trois ans, c'est-à-dire 1000 jours pour le construire avec vous. Trois cents de ces 1000 jours nous séparent d'une élection. Il faut la gagner pour se rendre au millième jour», a déclaré le premier ministre Landry.
Le premier ministre Bernard Landry évoque la tenue d'élections générales d'ici 300 jours, un calendrier qui pourrait mener à la fin du printemps prochain, mais il ne peut promettre la tenue d'un référendum sur la souveraineté au cours d'un prochain mandat.
C'est ce qu'il a déclaré devant les militants du Parti québécois réunis en conseil national à Gatineau, ce week-end. Dans son discours, le premier ministre a présenté les grandes lignes de son plan d'action tant annoncé, avec l'objectif d'en arriver à la souveraineté en 2005. Il a aussi dressé la table en vue des prochaines élections générales.
«Ce Québec meilleur est à portée de main. Je me donne trois ans, c'est-à-dire 1000 jours pour le construire avec vous. Trois cents de ces 1000 jours nous séparent d'une élection. Il faut la gagner pour se rendre au millième jour», a déclaré le premier ministre. Si l'échéance de 300 jours mène vraisemblablement au mois de juin 2003, M. Landry se garde toutefois la marge de manoeuvre nécessaire pour étirer son mandat jusqu'au début de l'automne 2003.
«Nous avons encore 15 mois devant nous, a d'ailleurs rappelé la vice-première ministre, Pauline Marois, en entrevue à La Presse. Les discussions que j'ai eues avec M. Landry laissent encore toute la latitude. Il l'a répété aux militants. Idéalement, peut-être est-ce dans 300 jours, mais peut-être aussi dans 325. Le premier ministre s'est gardé la latitude.»
S'il a évoqué la tenue des prochaines élections générales, M. Landry a été plus réservé au sujet d'une échéance référendaire, comme les proches du gouvernement l'affirmaient dans les heures précédant l'ouverture du conseil national.
La tenue d'un référendum sur la souveraineté au cours d'un prochain mandat est conditionnelle à la mobilisation des militants du parti et de l'ensemble des Québécois, a déclaré M. Landry avec beaucoup de nuances.
«Cette mobilisation, vitale, doit se faire et réussir. Si tel est le cas, si cette mobilisation se fait et réussit, c'est avec enthousiasme que je tiendrai un référendum dans notre prochain mandat.»
Les propos de M. Landry sont similaires à ceux qu'il a tenus il y a deux semaines, lors du caucus extraordinaire du PQ à La Malbaie, où il avait alors déclaré qu'il ferait un référendum «lorsqu'il aurait l'assurance de le gagner».
M. Landry a cependant cherché à rallier les militants purs et durs, qui attendaient un engagement clair de sa part face à un échéancier précis. «Je ne crois pas avoir à insister beaucoup pour dire qu'il n'y a que peu de gens dans cette salle - il y en a sans doute - qui veulent plus la souveraineté que votre humble serviteur et qui la veulent le plus rapidement possible. C'est pour ça que je vous dis, du plus profond de mes convictions, que c'est le résultat de notre militantisme ardent et la volonté de notre peuple qui détermineront notre calendrier politique national.»
La dernière semaine a créé des attentes chez les militants, surtout après que le ministre Jean-Pierre Charbonneau eut révélé lors d'un point de presse que M. Landry comptait prendre un engagement au cours du week-end. Les propos ont soufflé la tourmente au sein de l'aile parlementaire, mise dans l'embarras. Hier, le ministre Charbonneau a d'ailleurs évité soigneusement de parler aux journalistes.
Contre toute attente, le plan d'action et la volonté de réaliser la souveraineté pour 2005, afin que le Québec prenne part à titre de pays au Sommet des Amériques de Buenos Aires, a semblé calmer les militants les plus orthodoxes hier.
Au terme de l'allocution du premier ministre, ceux-ci se disaient très satisfaits de «l'engagement clair» de M. Landry, à savoir la souveraineté. «M. Landry a dit clairement: "'Nous allons faire l'indépendance d'ici 1000 jours; pour ça il faut gagner l'élection et ensuite je m'engage à tenir une consultation. Je suis extrêmement satisfait», a affirmé un militant de Mercier, Pierre Tadros.
La première vice-présidente du parti, Marie Malavoy, s'est dite elle aussi convaincue que les militants voulaient avant tout être rassurés quant à l'objectif premier du PQ, c'est-à-dire le cap vers la souveraineté.
«J'ai vu des gens qui étaient mobilisés par un objectif clair, qui est une belle image. C'est l'image de 1000 jours. On a 1000 jours pour faire la souveraineté. C'est ça que les militants voulaient entendre. Ils voulaient entendre que, pour le président du parti et premier ministre, il y a un horizon clair.»
La ministre Pauline Marois, qui, dit-on dans l'entourage, était de ceux qui n'étaient pas très favorables au dévoilement d'un échéancier précis sur la tenue d'un référendum, a reconnu que certains militants auraient souhaité entendre un engagement plus clair.
«Mais la position prise - et elle me convient très bien - est stimulante parce que le premier ministre a renvoyé la balle aux militants que nous sommes. Si nous réussissons à informer, stimuler et animer suffisamment le débat pour que les Québécois aient le goût de se prononcer sur cette question, nous tiendrons le référendum.»
SOUVERAINETÉ
Landry fouette ses troupes
Valérie Lesage
Le Soleil Le lundi 9 septembre 2002
GATINEAU — Adieu tristesse ! Presque sept ans après la défaite crève- cœur du dernier référendum sur la souveraineté, le premier ministre Bernard Landry demande à ses militants de reprendre dans l'enthousiasme le chemin qui doit les mener dans un pays nommé Québec.
« Adieu tristesse ! Nous repartons et notre effort va nous conduire à un Québec extraordinairement changé », a déclaré le chef du PQ devant des militants ravis, qui l'ont accueilli en criant « Le Québec, un pays » au moment de la clôture du Conseil national du parti.
Le premier ministre s'est dit convaincu qu'il sera possible de mobiliser la population pour la tenue d'un troisième référendum sur la souveraineté. « Il n'y a pas un mouvement politique au Québec qui est plus fort que le nôtre, a-t-il lancé. Nous sommes des millions et des millions à vouloir un pays. »
Qu'arrivera-t-il si au bout de l'échéancier de 999 jours, la mobilisation populaire échoue ? Le premier ministre reste vague ; le mot « si » est dangereux en politique. Aussi, M. Landry fait le pari que le renforcement économique du Québec et l'équilibre des finances publiques créent des « circonstances radicalement différentes » par rapport à 1995. Ces circonstances, qui ressemblent aux « conditions gagnantes » de Lucien Bouchard, donnent au PQ l'espoir de gagner les quelques milliers de votes qui manquaient la dernière fois pour obtenir la majorité. Les derniers sondages montrent cependant que l'appui à la souveraineté se situe aujourd'hui autour de 40 %. C'est tout de même nettement supérieur à la popularité du Parti québécois, et à 300 jours des prochaines élections, les stratèges péquistes misent sur la flamme souverainiste pour regagner des points.
Bernard Landry le militant va bientôt entreprendre une tournée des régions et il demande à ses ministres d'en faire autant pour faire avancer l'option et publiciser les réalisations du gouvernement péquiste. « Aussi, en gouvernant bien et avec notre plan d'action, on va rehausser la confiance », a-t-il affirmé.
M. Landry a précisé que le gouvernement n'investirait pas d'argent dans le Conseil de la souveraineté qu'il a décidé de ressusciter. Il sera cette fois financé à même les fonds du PQ.
À ses adversaires politiques, le premier ministre a demandé « de ne pas confondre le changement avec l'équipe du changement ». Bernard Landry a invité ses militants à se battre pour que Mario Dumont, qu'il a décrit comme « l'émule » de Robert Bourassa, ne ramène pas le Québec dans un dilemme. « Robert Bourassa par ses manœuvres a incarné le fait de tourner en rond. »
Le premier ministre a parlé d'un Conseil national beaucoup mieux réussi que le dernier, marqué par les déchirements et les histoires de lobbying. « Une preuve de réussite, c'est que vous applaudissez plus à la fin qu'au début ! » a-t-il lancé à la blague à ses militants. Reprenant l'idée du philosophe Nietzsche, selon qui ce qui ne tue pas nous renforce, M. Landry a envisagé positivement les épreuves des derniers mois. « On n'est pas morts, on est plus forts ! »
Au cours de la matinée de dimanche, les militants péquistes ont débattu assez sagement d'une cinquantaine de résolutions. Les propositions réclamant un engagement ferme et précis pour la tenue d'un référendum ont été assouplies après l'engagement du chef à tenir un référendum d'ici 2005 si la population est mobilisée.
À l'unanimité, les militants ont voté pour que le gouvernement dote le Québec d'un hymne national.
Le ministre de la Santé, François Legault, a mis son poids dans la balance pour faire passer une résolution plus controversée pour la promotion d'une social-démocratie reposant sur la performance, l'imputabilité et la proximité aux citoyens. La proposition du Comité national des jeunes prévoyant le remboursement des frais de scolarité universitaires par crédit d'impôt au moment de la diplomation a été renvoyée pour étude par le comité de la plate-forme électorale.
Les militants ont demandé au gouvernement d'intervenir dans le dossier de la concentration des médias en établissant un conseil pour la diversité de l'information, en créant un fonds d'aide aux médias indépendants et un nommant un ombudsan de la presse écrite.
La proposition prévoyant l'adoption d'un projet de loi sur une réforme des institutions démocratiques avant les prochaines élections a été rejetée.
1000 jours pour la souveraineté?
Presse Canadienne Le lundi 9 septembre 2002
Le premier ministre Bernard Landry avait presque l'air en campagne électorale au cours de son séjour à Gatineau en fin de semaine lors du conseil national du Parti québécois.
Il y aura des élections générales à la fin du printemps 2003 et même s'il veut toujours que le Québec soit souverain en 2005, «dans 1000 jours», Bernard Landry refuse de s'engager à tenir un référendum sur la souveraineté si le Parti québécois est réélu.
Devant quelque 400 délégués péquistes réunis à Gatineau dans le cadre d'un conseil national du PQ, M. Landry a affirmé samedi que «300 jours nous séparent d'une élection». Cette indication laisse croire à un scrutin quelque part au mois de juin 2003.
Sur la question référendaire, le premier ministre a indiqué qu'«avec une mobilisation du parti et de la société civile, nous serons en mesure de gagner le prochain référendum sur la souveraineté. Si tel est le cas, c'est avec enthousiasme que je tiendrai un référendum dans notre prochain mandat».
Ces propos donnent une marge de manoeuvre à M. Landry en ne fournissant aucune date précise pour la tenue d'un référendum. En effet, «c'est le résultat de notre militantisme ardent et la volonté de notre peuple qui détermineront notre calendrier politique national», a-t-il spécifié. Et par surcroît, le PQ devra d'abord être réélu — et il se trouve actuellement en troisième place dans les intentions de vote des Québécois.
Bernard Landry a toutefois martelé sa foi souverainiste en assurant qu'il voulait faire du Québec une «nation libre et souveraine, (...) non pas dans 20 ans ni dans dix ans, mais dans 1000 jours, au Sommet des Amériques de Buenos Aires, en 2005». Il a annoncé son désir de réactiver dans les plus brefs délais le «conseil de la souveraineté».
Pas de fonds publics
Le premier ministre a assuré que ce «conseil» n'utiliserait pas de fonds publics pour faire la promotion de l'option. «Je n'ai pas changé d'avis, a-t-il soutenu hier. Le parti a des fonds, il y a des fonds dans la société civile, alors c'est comme ça que ça va se passer.»
Il a d'ailleurs saisi l'occasion de faire valoir la probité de sa position par rapport à celle du premier ministre fédéral à ce sujet. «Jean Chrétien prend l'argent de mes taxes pour me rentrer dans la gorge la non-existence de ma nation et je ne trouve pas ça correct, s'est-il indigné. Il y en a qui ont volé mes taxes pour m'intoxiquer! Est-ce que c'est normal que ce ne soit pas un scandale permanent?»
L'horizon de 1000 jours fixé par M. Landry pour l'accession à la souveraineté est aussi celui qu'il a proposé à son parti, samedi, pour mettre en oeuvre un ambitieux plan d'action. Ce plan d'action reprend les principaux thèmes sur lesquels le gouvernement entend agir au cours des prochains mois, mais il ressemble aussi beaucoup à un recueil de thèmes électoraux.
Du nombre, on retrouve — outre l'accession à la souveraineté — les objectifs pour 2005 de plein emploi, d'accessibilité accrue aux soins de santé, de transformation de l'école secondaire, de lutte à la pauvreté, de qualité de vie à travers la famille, de préoccupation soutenue en environnement et en culture, de revitalisation des régions et de modernisation de l'«État national».
Les militants acceptent
Les militants du PQ, qui refusaient les «conditions gagnantes» de Lucien Bouchard, ont accepté sans broncher, hier, l'engagement très conditionnel de Bernard Landry.
Sur 125 circonscriptions représentées au conseil national du PQ, seule celle de Louis-Hébert a tenté d'imposer un échéancier qui forcerait un gouvernement péquiste à tenir un référendum sur la souveraineté dans les deux ans suivant sa réélection. Mais la résolution qui préconisait cet agenda a été facilement écartée par les délégués péquistes.
Le Comité national des jeunes a quant à lui accepté de diluer son énoncé en suggérant un «plan d'action concernant la réalisation de la souveraineté lors du prochain mandat». Cette résolution a été entérinée à l'unanimité par le conseil national.
«Devant l'énergie que le premier ministre a déployée et devant l'horizon de 1000 jours, même les gens qui auraient voulu quelque chose de plus pointu se sont ralliés», a expliqué la vice-présidente du PQ, Marie Malavoy. «On a un horizon clair et pour les militants, c'est ça la satisfaction.»
Un millier de militants seront conviés à un congrès d'orientation du PQ les 7,8 et 9 mars 2003, à Montréal, a annoncé Mme Malavoy.
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