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«« Souveraineté et sports
Foglia et Natation Canada
Claude Boulay
TRIBUNE LIBRE 22.1.2003
Trois-Rivières, le 22 janvier 2003
M. Pierre Foglia se défend. Ses patrons ne lui ont pas donné l’ordre de faire du « damage control » en prenant la défense de Dave Johnson, entraîneur de l’équipe de Natation Canada. Et il affirme aussi que son patron immédiat ne connaissait pas le contenu de son article lorsqu’il lui a promis la première page.
Bien sûr qu’il n’y a pas une réunion quotidienne où le patron dit : « Toi, tu vas faire du « damage control » sur tel événement dommageable pour l’unité nationale. Toi, ponds-moi un article qui dit ceci ou cela, et que je mettrai en première page ». Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Les Pierre Foglia, Lysiane Gagnon, André Pratte et Mario Roy savent ce qui va faire plaisir à leurs patrons, ce qui va leur permettre de continuer à recevoir leurs beaux salaires. Et ils le font. Les autres employés de La Presse voient ce qu’il faut faire pour décrocher un poste d’éditorialiste ou de columnist, et plusieurs d’entre eux s’arrangent pour montrer leurs belles aptitudes quand ils rédigent leurs articles.
Prenons un exemple historique. Durant la Deuxième Guerre mondiale, on a reproché à Pétain, à juste titre, d’avoir commencé la persécution des Juifs avant même d’en avoir reçu l’ordre de Hitler. (Alors qu’en Norvège, le roi eut le courage de porter lui-même l’étoile jaune, lorsque les Nazis la rendirent obligatoire pour les Juifs). Pétain pouvait-il dire « Vous voyez bien qu’on ne me donne pas des ordres, que j’agis de mon propre chef »? Mais non, il savait ce qui ferait plaisir à son maître et il a agi en conséquence. En fait, il s’agit d’une forme de servitude d’un degré supérieur.
Dans le cas du comportement de Dave Johnson et de Natation Canada, on remarquera que les articles de Réjean Tremblay et de Michel Blanchard n’ont pas été publiés en première page. Les journalistes sportifs de ce journal, à l’exception de Mathias Brunet, font la sourde oreille à l’appel de leurs patrons et osent dénoncer les injustices dont sont victimes les athlètes québécois de la part des organisations sportives canadiennes.
Je m’en voudrais de ne pas souligner qu’aujourd’hui, à Radio-Canada, à l’émission « C’est bien meilleur le matin », Marc Laurendeau reprenait les grandes lignes de l’article de Foglia, et que René Homier-Roy approuvait avec la plus grande complaisance. Quel beau spectacle que ces deux organes de Propagande Canada qui unissent leurs efforts pour la cause du « National Unity »!
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