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Les principes fuyants de Bouchard et le déclin du BlocLe PQ attendait le sommet d'Hanoi pour afficher ses vraies couleurs, écrit The Gazette LeDevoir 15 novembre 1997
Les «principes fuyants» de Lucien Bouchard et le «déclin» du Bloc québécois font l'objet de l'attention de la presse anglophone ces jours-ci. Il est également question des Québécois qui veulent «faire ramper» le Canada anglais, ainsi que de la grève imminente des employés des Postes, bien plus dommageable que certains le prétendent. C'est le quotidien The Gazette qui, en édito et en chronique, examine ce qu'il appelle les principes chambranlants du premier ministre du Québec. Mettant en parallèle l'attitude de M. Bouchard en Chine et au Vietnam concernant son statut de «Citoyen canadien» à Pékin et de «nationaliste québécois» à Hanoi, l'équipe éditoriale dénonce ce qu'elle appelle «les calculs plutôt cyniques» de M. Bouchard. «Les problèmes de M. Bouchard se dédoublent, conclut The Gazette. Son antipathie profonde envers le Canada peut commencer à ressembler moins à un principe solide qu'à son adaptation de type caméléon aux circonstances dominantes du moment. Son acquiescement tacite aux abus contre les droits de l'homme, aussi bien en Chine qu'au Vietnam, confirmerait à quel point ses principes peuvent être évanescents.» Pour sa part, le columnist Paul Wells prévoyait que le PQ profiterait du Sommet francophone à Hanoï pour afficher ses vraies couleurs: la promotion de l'option séparatiste, et bien plus directement qu'en Chine. Il s'appuie à cet égard sur le «plan stratégique» du ministère des Relations internationales pour les années 1997 à 2000; celui-ci suggère que les forums internationaux, telle la Francophonie, doivent être traités différemment des missions économiques. «La Francophonie constitue le forum par excellence pour l'affirmation de la personnalité spécifique du Québec sur la scène internationale, est-il dit dans le document cité par Wells. C'est une tribune exceptionnelle pour expliquer et promouvoir ses intérêts. Il est donc indispensable de saisir les occasions que ce forum offre.» Wells conclut que tout ce que le gouvernement Bouchard cherche, c'est un OUI référendaire et une déclaration unilatérale d'indépendance. «Les Québécois n'ont jamais voté en faveur de la sécession. Les sondages démontrent qu'ils ne sont pas disposés à le faire bientôt. Mais leur gouvernement juge que c'est là un obstacle trivial à la poursuite de son grand plan.» C'est également dans The Gazette que, en édito et en chronique, on traite du «déclin» du Bloc québécois. La performance du Bloc dans le nouveau Parlement canadien est gênante et embarrassante, évalue le quotidien montréalais. Il donne des exemples de ce qui, selon le chef Gilles Duceppe, relèverait de la stratégie plutôt que des principes. «De plus en plus, conclut l'édito, le Bloc démontre qu'il a de moins en moins de l'un et l'autre ingrédient.» Le columnist Don Macpherson prend prétexte des réflexions du député Michel Gauthier sur «l'avenir» du Bloc à Ottawa pour y déceler un autre défaitiste. C'est comme un aveu tacite que les séparatistes ne gagneront pas le référendum que Bouchard veut tenir en l'an 2000. «Après tout, il n'est pas nécessaire de discuter de l'avenir du Bloc si le Québec se sépare, puisque le Québec n'enverrait plus de députés au Parlement fédéral. Même si quelques militants souverainistes ne semblent pas conscients de ce fait, Gauthier et les autres députés du Bloc le sont.» «Aussi, avec la diminution de l'appui souverainiste au cours des derniers mois, il y a un ton défaitiste concernant l'avenir du Bloc», conclut le columnist de The Gazette. A l'autre bout du pays, dans The Vancouver Sun, le chroniqueur Trevor Lautens estime qu'«il y aura de la désunion nationale jusqu'à ce que le reste du Canada ait le nez ensanglanté»... par le Québec. Sa théorie, c'est que les Québécois veulent faire ramper le Canada anglais. «Grattez la surface de la plupart des Québécois, même les plus fédéralistes, et je pense que vous y découvrirez le désir secret d'obtenir leur revanche. Depuis une génération, ils ont choisi comme chefs René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et l'ambigu Robert Bourassa. Ils ont tous gagné en jouant sur cette émotion. «Aussi faut-il se poser cette question historique: est-ce que les Canadiens auraient créé une meilleure union si du sang avait été versé?» Dans The Toronto Star, le columnist Richard Gwyn profite du récent jour du Souvenir pour rappeler que «nous avons oublié ce que signifie être citoyens canadiens». La citoyenneté n'est plus le lien qui unit tous les Canadiens, et il y a grand danger de devenir des colocataires d'appartements qui n'ont en commun que d'être des voisins de palier. Dans The Financial Post, l'éditorial et la chronique de Diane Francis saluent avec chaleur l'étude récente de deux économistes mettant en relief les graves dangers que la sécession ferait courir au Québec et au Canada. Michel Demers, professeur à l'Université Carleton, et Marcel Côté, associé-fondateur du Groupe Secor, ont produit un document puissant qui devrait être un élément clé de la stratégie fédéraliste contre le séparatisme, conclut l'éditorial. «Ça démontre avec vigueur que la prétention séparatiste selon laquelle le démembrement du Québec du Canada serait facile et sans douleur n'est que du vent.»
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