Acadie


L'ACADIE, DE 1686 A 1784

GILLES LESAGE

LeDevoir 27 septembre 1997



L'ACADIE, DE 1686 A 1784
Contexte d'une histoire
Naomi E. S. Griffiths
Traduction de l'anglais par Kathryn Hamer, Éditions d'Acadie Moncton, 1997,136 pages



Voici la traduction d'un ouvrage, d'abord publié en anglais par McGill-Queen's University Press, qui mérite amplement d'être lu par tous ceux, et ils sont nombreux, qui s'intéressent à la survivance acadienne.

A l'évidence, la professeure Griffiths, de la Carleton University, a étudié avec une grande sympathie l'évolution étonnante de cette «société distincte» (pour reprendre l'expression qu'elle utilise elle-même). Cette monographie, issue de conférences publiques, soulève des questions essentielles, auxquelles elle apporte des réponses, sinon complètes, qui font du moins ressortir le cheminement singulier d'une communauté héroïque à tant d'égards.

En ce qui concerne la Déportation en particulier, l'auteure démontre fort bien que les idées reçues tiennent plutôt de la légende que de l'histoire d'un peuple complexe et évolué. La politique anglaise, exécutée par le gouverneur Lawrence, visait non pas l'extermination physique des Acadiens mais la suppression de toute idée de communauté acadienne. "En tant que société distincte, les Acadiens devaient disparaître au sens politique et civique, assimilés par la culture majoritaire.»

Mais ce fier «troupeau de réfugiés» cherchait à être maître de son destin, malgré tout. Dès la fin de la proscription, en 1764, le peuple acadien amorça le retour d'exil et la reconstruction de sa communauté.

Emergence et survie qui forcent l'admiration. «En terre lointaine ou dans le pays où elle prit racine, il m'est impossible d'oublier l'Acadie», conclut l'historienne qui, heureusement, poursuit ses recherches sur la création, par une poignée d'immigrés, d'une collectivité se reconnaissant comme «acadienne». A bientôt la suite, espérons-le vivement, de cette fascinante histoire, à laquelle aucun Québécois ne saurait rester insensible!