Hurrah Belgium !


- ou de la BELle illoGIQUE

Jean-Luc Gouin




Commentaire à Hurrah Belgium
06 Sep 1999
De: relaisdelasauvagine@polyinter.com
à: bfrappier@videotron.ca

Je tiens à remercier Jean-Luc Gouin pour avoir dit tout haut ce que beaucoup de Belges vivant dans votre pays pensent tout bas. Ses constatations sont d'une vérité hurlante, surtout lorsqu'il s'agit d'une région qui se gargarise de se parer du nom ronflant de " Bruxelles capitale " !

Bernard Genicot



À: Ambassade de Belgique à Ottawa
AmbaBel.Ottawa@Sympatico.ca

Jean qui rit
À l'Anvers sur un Liège
Jean qui pleure
Hara-kiri
België se meurt
Ce n'était qu'un piège

C'est absolument invraisemblable qu'il soit devenu à peu près impossible, sur inforoute, d'échanger avec une entreprise ou une organisation belge dans l'une des langues officielles du pays, en l'occurrence celle que j'utilise à l'instant. On se croirait dans les rues de ...Bruxelles (Brussels, dis-je). Aussi ma dernière expérience, auprès du Bottin téléphonique INFOBEL (http://www.infobel.be/infobel/), m'amène à formuler ce qui suit.

Un site comme celui-là constitue une véritable vitrine mondiale de la Belgique. Or ça dépasse l'entendement et ça crève le coeur de vous voir ainsi, telle une tare, pourfendre votre francitude. C'est d'ailleurs devenu monnaie courante de ne jamais être reçu en français sur vos terres, fussent-elles virtuelles: depuis The Belgian Federal «Office for Scientific, Technical and Cultural Affairs», qui nous ouvre ses portes avec son "Welcome to the O.S.T.C.", jusqu'aux moteurs de recherche spécifiquement belges (AD Valvas et RoadHouse), en passant - rien de moins! - par le «Belgian Federal Government on Line» lui-même, prioritairement anglais...

Une personne peu ou pas informée de la réalité belge reste convaincue, après quelques recherches sur la Toile, que votre pays est une nation anglophone - comme le Nigeria, l'Afrique du Sud, l'Australie ou les États-Unis... Mais visiblement l'ignorance conserve ici une longueur d'avance dans la course à la 'vérité' en marche. Décidément, je ne fais plus le poids: mes douces souvenances du français chantant de Namur et des chutes musicales de mot partout en Wallonie sont en passe de se transformer en souvenirs pour attardés nostalgisants. Welcome Boeing, Marlboro's and/und British Europa. United Kingdom mis à part, bien sûr.

La Belgique se méprise désormais au point de fouler au pied sa langue et sa propre culture *. C'est terrifiant. Je suis littéralement groggy devant pareil assujettissement. Qu'avez-vous donc fait, bonnes gens, du pays jusque-là aimé des Brel, des Michaux et des Magritte??? Celui-ci écrirait-il aujourd'hui, sur la Grand'Place de Bruxelles: «Ceci n'est pas un pays» mais un comptoir commercial des United States of... Europa? Pas étonnant, sous motif que tout y est anglais, que vos propres citoyens francophones ne s'intéressassent pas outre mesure à l'inforoute. Comment pourraient-ils imaginer, en effet, qu'il puisse en être autrement alors que tout ce qui est d'origine belge se confond, et se dilue sur-le-champ, à ce qui est de conception anglo-américo-saxonne?

Dites-moi, mes ami-es à la triste figure: Qui s'intéressera aux Belges quand il n'y aura plus de Belgitude? Qui se rappellera avec Jacques, cet amoureux des moulins, que l'Angleterre n'est qu'un faubourg de Bruges?

Un de vos citoyens me disait récemment que l'anglais permettait de noyer le litige français-flamand. Pour vos lumières, je vous informe qu'aux dernières nouvelles la noyade était toujours mortelle.

Adieu Belgique. Welcome whatever.

Jean-Luc Gouin
Lac-Beauport, Québec
24 juillet 1997

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Il faut dire que la Switzerland - sans doute attristée de ne posséder que quatre maigres langues officielles - trace d'ores et déjà admirablement la voie. Elle emmère (comme on enterre) Jean-Jacques dans les eaux amnésiques du Lac de Bienne pendant que, de Genève à Fribourg, elle vénère tantôt le dollar américain, tantôt l'or usurpé. In English please and only. La France même - de cinq républiques et de 1500 ans d'Histoire, si on en croit Clovis - tergiverse entre une fronde de pure façade et l'auto-liquéfaction volontaire. Simultanément, et trente ans après son «Vive le Québec libre!» (et... français), le Grand Charles crie des larmes de terre, qui peut-être nourriront les Résistants de demain. Allez savoir s'il n'y a pas des 18 juin qui trament dans les sous-sols intemporels. En cas d'intempérie.