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(Un vieux commentaire hélas toujours dactualité en 1998)Le courage de Norman Webster[ Texte paru dans Le Devoir du 27 décembre 1994 ] Non content den appeler aux 55, 66, voire 80% du vote, vous y ajoutez l«exigence» que soient comptabilisés dans la colonne du NON tous les éventuels abstentionnistes. Loin du 50% + 1 des votants réels rencontré par toutes les sociétés civilisées et démocratiques, les 55% (minimum absolu, selon vous) devraient représenter lopinion majoritaire de tous les électeurs. Si on anticipe une participation plausible denviron 80% de lélectorat (i.e. 20% acquis doffice au NON - au reste, pourquoi en ces conditions un seul NON se déplacerait aux urnes?), il en résulte, selon ce sophisme, que 68,75% des votants (minimum !) devraient voter OUI pour se donner «légitimement» un pays français en Amérique. Bref, près de 7 personnes sur 10 savèreraient nécessaires pour faire de la médiocre province de M. Johnson le pays de MM. Bouchard et Parizeau, alors que 3,13 individus se révèleraient suffisants pour en interdire lexistence. Faute dune majorité mirobolante, cest lextrême minorité qui dict(atur)e sa loi. Jappelle ça la démocratie made in Gazette. Étaler pareil raisonnement sans avoir lintention de changer de pays, de nom ou de visage, M. Webster, demande assurément beaucoup de courage. Ce 14 décembre 1994 Jean-Luc Gouin
PS - Que fait-on avec les 42% du gouvernement fédéral de M. Chrétien (33,6% de la population votante, selon vos calculs) ? Ou bien : que diriez-vous si on appliquait vos méthodes symétriquement : «Voulez-vous demeurer dans le Canada?» 68,75% sont requis pour entériner la décision. Sinon ? On se... contentera du pays de Gilles Vigneault !
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