![]() |
Etude de l'INRSLes francophones seront minoritaires sur l'île de Montréal d'ici 12 ansNORMAN DELISLE PC 10 septembre 1997
Dans son étude préparée pour l'Agence francophone pour l'enseignement supérieur et la recherche (AUPELF-UREQ), en vue du Sommet francophone de novembre prochain, le professeur Termote, de l'INRS-Urbanisation, évalue que les francophones tomberont sous la barre des 50% sur l'île de Montréal au début du prochain siècle. Ils formeront 50,5% de la population de l'île en l'an 2006, mais 48,8% en l'an 2011, selon ce que l'étude appelle le «scénario le plus plausible». Ce n'est pas tellement au profit de la communauté anglophone que s'effectuera ce transfert, note toutefois le professeur Termote. Les anglophones continueront à former environ 25% de la population de l'île de Montréal. C'est la communauté allophone qui s'enrichira du changement. «Le poids du groupe allophone de l'île de Montréal augmentera fortement, à un tel point que dans une dizaine d'années, les allophones y seraient plus nombreux que les anglophones», écrit Marc Termote. Le comportement linguistique des allophones n'est pas le même au Québec que dans le reste du Canada, signale le professeur Termote. Au Québec, les allophones gardent dans 60% des cas leur langue maternelle comme langue d'usage. Ailleurs au Canada, à peine 46% des allophones utilisent encore leur langue maternelle comme langue d'usage, les autres ayant à peu près tous transféré vers l'anglais. M. Termote note toutefois que même au Québec, chez les allophones qui abandonnent leur langue maternelle, seulement le tiers se dirige vers le français comme langue d'usage. La langue d'usage est définie, dans les recensements du Canada, comme la langue «la plus fréquemment utilisée à la maison». Le démographe estime que les Québécois francophones doivent compter sur l'immigration comme moyen de freiner la décroissance démographique ou le vieillissement de la population. «Une population qui ne se renouvelle pas par fécondité doit accepter de se faire remplacer par migration. Le défi de la population francophone du Québec se trouve dans sa faible capacité d'attirer par transfert linguistique les membre des autres groupes linguistiques», affirme le chercheur de l'INRS.
Si on exclut «la solution qui consisterait à se refermer sur soi, il ne nous reste que l'outil de la politique linguistique. Mais le défi que doit relever cette dernière est de taille.- il lui faut faire du français la langue du creuset québécois, tout comme l'anglais est celle du «"melting pot" américain», conclut le professeur.
![]() |