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Roosevelt n'a pas été le seul à proposer la disparition des francophones au Canada, rappelle Bernard LandryNorman Delisle PC 13 mai 1998
QUEBEC (PC) - Le président américain Franklin Delano Roosevelt n'a pas été le seul à proner la disparition comme peuple des Canadiens français, a rappelé le vice-premier ministre du Québec, Bernard Landry. "Ce serait la ennième fois dans notre histoire qu'il y a des tentatives pour faire disparaître le peuple québécois, pour l'abolir", a signalé hier M. Landry à son arrivée à la séance hebdomadaire du conseil des ministres. Le vice-premier ministre a cité le cas de Lord Durham. Dans un rapport rédigé en 1839, ce politicien britannique recommandait la fusion du Haut-Canada (Ontario) et du Bas-Canada (Québec) pour mieux assimiler les francophones. "Même Jean Charest, qui aspire à devenir premier ministre du Québec, a déjà dans son esprit aboli le peuple québécois: il dit qu'il n'y a qu'une nation au Canada et qu'on doit consolider une nation canadienne", a dit M. Landry. On faisait grand cas hier au Canada anglais d'une lettre du président américain Roosevelt écrite en 1942 au premier ministre canadien Lyon Mackenzie King et où le dirigeant américain proposait à son homologue canadien un plan pour assimiler les Canadiens français à la majorité anglo-canadienne. "C'est un vieux rêve de nation-building-process qui, dans le cas des Etats-Unis, a réussi. Mais ici (au Canada), plus ils (les partisans de cette idée) ont essayé, plus ils ont révélé l'existence de la nation québécoise". Selon M. Landry, Franklin Roosevelt "était un progressiste mais a pu penser que le modèle américain pouvait s'appliquer au Canada". Roosevelt avait l'excuse de croire que le plan américain de fusionner en un seul peuple toutes les composantes de la nation pouvait fonctionner au Canada. "Mais ce fut une erreur historique. Il n'était pas dûment informé de la situation au Canada. Pour excuser Roosevelt, rappelons que la diplomatie canadienne, encore aujourd'hui à travers le monde, nie l'existence de la nation québécoise", a dit M. Landry. Malgré cet incident, le gouvernement québécois a honoré la semaine dernière l'ancien président américain par une statue dévoilée dans le Vieux-Québec.
"Quelqu'un peut commettre une erreur historique et demeurer une grande personnalité et un
grand homme d'Etat", a commenté M. Landry. [?] honorer le rôle qu'il a joué, avec le premier
ministre britannique Winston Churchill, lors des Conférences tenues à Québec en juillet
1943 et novembre 1944 pour finaliser la stratégie des Alliés dans le Deuxième Guerre
mondiale.
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