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| Les Anglo-Québécois sont invités à améliorer leur connaissance du français Norman Delisle
16 avril 1998 |
QUEBEC (PC) - L'avenir des Anglo-Québécois passe par une meilleure connaissance de la langue française, estime le ministre québécois de l'Immigration André Boisclair.Les données de Statistique Canada publiées mardi révèlent que 24 125 anglophones ont quitté le Québec de 1991 à 1996 à destination d'une autre province canadienne. Il s'agit à peu près le même nombre que pour les cinq années antérieures.A la suite de la parution des statistiques fédérales sur les migrations interprovinciales, M. Boisclair a soutenu que son gouvernement est prêt à faire encore plus pour améliorer cette connaissance.
"C'est encore trop", a réagi M. Boisclair alors qu'il s'apprêtait à entreprendre hier à Québec une tournée d'information sur la francisation des immigrants.
Le ministre a signalé qu'une étude poussée des départs d'Anglo-Québécois pour la période 1986-1991 avait mis en relief le portrait type de l'Anglo-Québécois qui quitte: il s'agissait d'un jeune scolarisé, mais unilingue, donc incapable d'évoluer dans un milieu francophone.
Il faudra analyser plus à fond les données pour les années 1991-1996 mais "il est clair qu'une des raisons pour lesquelles ils partent, c'est qu'ils ne sont pas à l'aise avec la langue française", a dit M. Boisclair.
Or "l'avenir de la communauté anglo-québécoise passe par une plus grande connaissance du français", croit le ministre.
A la demande des anglophones, le ministère québécois des Relations avec les citoyens a mis en place certaines mesures récemment pour améliorer l'accès des Anglo-Québécois à un apprentissage de la langue française.
"Si les Anglo-Québécois ont des besoins plus particuliers à cet égard, on va les étudier avec soin. On est prêt à agir vigoureusement pour diminuer l'émigration interprovinciale", a dit le ministre.
Les données depuis 1987 indiquent que chaque année, le nombre de Québécois quittant la province au profit d'une autre province canadienne est toujours supérieur à celui des entrées de Canadiens provenant d'autres provinces.
Par exemple, en 1996, dernière année pour laquelle les chiffres sont disponibles, 42 300 Québécois ont quitté pour ailleurs au Canada tandis que 27 200 citoyens canadiens sont venus s'établir au Québec. Il s'ensuit un solde interprovincial déficitaire de 15 100.
Mais ce solde est comblé par l'immigration internationale qui a permis une addition de quelque 24 800 nouveaux résidents au Québec. La population totale du Québec s'est donc accrue de 9700 citoyens en 1996 grâce aux mouvements de population.
Si on ajoute l'accroissement naturel de 33 200 personnes, soit 85 300 naissances moins 52 100 décès, on arrive à une augmentation nette de la population du Québec de 42 900 citoyens.
Les données pour 1996 indiquent que les cinq principaux pays fournisseurs d'immigrants québécois sont la France (7,3 pour cent), l'Algérie (6 pour cent), l'ex-Yougoslavie (5,9 pour cent), Haïti (5,7 pour cent) et la Chine (5,5 pour cent).
Dans le cas de l'Algérie, de l'ex-Yougoslavie et de la Chine, il s'agit surtout de réfugiés politiques qui ont quitté leur pays d'origine pour des raisons humanitaires.