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| Québec courtise les immigrants investisseurs Hausse des ressources destinées à ces nouveaux arrivants Georges Lamon La Presse 19 septembre 1997 |
L'année 1997 a vu un nombre record d'immigrants chinois originaires de Hong Kong se prévaloir
du programme québécois d'aide aux immigrants investisseurs.
Selon le ministre André Boisclair, responsable des Relations avec les citoyens et de l'Immigration,
en dix ans d'existence ce programme gouvernemental aura permis à un grand nombre d'immigrants
investisseurs d'injecter grosso modo un milliard $ au Québec.
Et pour poursuivre dans la même voie, le Québec se propose d'accroître à 4000 par année, de 1998
à l'an 2000, le nombre de ces immigrants investisseurs. Au cours des trois dernières années ce
nombre se chiffrait à 3200.
D'ailleurs, c'est pour faciliter davantage l'accueil, l'acculturation, l'encadrement et l'intégration de
ces futurs investisseurs que le ministre Boisclair vient de signer une entente avec le Service d'aide
aux jeunes entrepreneurs Montréal-Centre (SAJE). Un service créé en 1985 et qui oeuvre dans le
démarrage et le développement de PME en mettant à la disposition de futurs entrepreneurs des
ressources d'intégration au milieu.
Il s'agit essentiellement d'un projet-pilote de 125 000 $ valable pour une année, renouvelable et
financé à 75 pour cent et à parts égales par les ministères de l'Immigration et de la Métropole pour
réaliser un minimum de 80 projets. L'immigrant investisseur y contribuera pour 25 pour cent. Ce
qui, selon le ministre Boisclair, équivaut à environ 390 $ par projet. Il estime d'ailleurs les
retombées économiques de ces projets à 15 millions $ et la création d'un minimum de 250 emplois.
Ainsi, en 1996, on a mis sur pied 390 projets pour 33,8 millions $ qui ont créé 2100 emplois au
Québec.
Selon le président de SAJE, François Brault, ce sont ainsi 150 PME qui se créent en moyenne par
année en majorité dans le secteur des services (67 %) pour un investissement moyen de 6,5 millions
$ et une création moyenne de 335 emplois.
Par ailleurs, M. Boisclair a reconnu que chez les immigrants entrepreneurs, le taux de rétention (qui
demeurent au Québec) n'est que de 62 pour cent contre 50 pour cent il y a dix ans. Mais il note que,
depuis, on sélectionne mieux les immigrants investisseurs.
D'autre part, M. Boisclair souhaiterait que le gouvernement fédéral rallonge de deux à trois ans le
délai d'intégration de ces immigrants investisseurs. Ceux-ci prennent d'ailleurs dans les faits trois
ans à s'intégrer. Un apport aussi à son avis pour nos exportations à l'étranger et dans la création
d'emplois au Québec.
Quant à la question linguistique, souvent difficile pour les investisseurs, le ministre Boisclair n'y
voit pas de problème.
«Je ne voudrais pas me priver d'immigrants investisseurs qui ne parlent pas français rapidement,
note-t-il, mais qui à la longue pourraient finir par l'apprendre.»