Et ici, il est dangereux

Et personne ne lève le petit doigt. C'est normal, il est « twit ».
Sauf que, quand il parle, la communauté internationale l'écoute.



Je n'en croyais pas mes oreilles lundi lorsque j'ai entendu Jean Chrétien parler de sa vie à «défendre le Canada contre le nazisme et l'holocauste». Pourtant j'ai bien entendu, ce n'est pas parce que la presse québécoise passe sous silence les inepties du «P'tit gars de Shawinigan» que le message ne passe pas.

Et ici, il est dangereux. Lisez. Et relisez encore. La désinformation à son meilleur c'est cela. De la grande Pravda.

«Mr. Chretien, the first Canadian prime minister to visit Auschwitz, said "You don't know what to say. There is nothing you can say . . . It cannot happen again.»

«As a Canadian I have spent my life working on that, building bridges, making sure we understand each other and that we can be different in language and religion and in colour . . . It has been my life working on that," he said.» (National Post, 25.1.99)

Et paragraphe suivant:
«When you let prejudice emerge, you end up with tragedies like that.» « More than 1.5 million Jews and up to 500,000 Gypsies and an unknown number of homosexuals were gassed or shot, or died from Nazi medical experiments, at the concentration camps at Auschwitz and nearby Birkenau.»
Même pas besoin d'avoir passé son français au secondaire dans une école moyenne au Québec pour comprendre.
«Moi, Jean Chrétien, j'ai passé ma vie à défendre le Canada contre les «séparatisses» qui sont tous des racistes qui vont passer les juifs, les gitans et les tapettes au four.»
Qu'importe si être Juif à Montréal, c'est le paradis comparé à T.O., qu'importe si les Gitans se rendent en pélerinage à Sainte-Anne-de-Beaupré depuis des décennies et que le seul endroit au Canada où la communauté homosexuelle peut vivre en pays, c'est au Québec. Qu'importe, dès que nous devenons une nation, c'est fini. Tous au four !

Et personne ne lève le petit doigt. C'est normal, il est « twit ». Sauf que, quand il parle, la communauté internationale l'écoute.

Jean-Yves Durocher